N’ayant plus franchi la frontière française depuis 2019, il était temps de s’y remettre.
Avec les différents changements de vie personnels, les créneaux pour prendre ces vacances 2024 étaient assez serrés. De plus, c’est avec notre van aménagé de 1981 que nous avions envie de partir afin de moduler notre voyage en fonction de la météo et des envies. Notre petit « Popo » n’étant plus de première jeunesse, sa vitesse de pointe dépasse rarement les 110 et l’autoroute n’est pas une option souhaitable.
Avec tous ces critères, c’est tout naturellement vers la Toscane, en Italie, que notre choix s’est porté.
15 jours, trajets compris, pour visiter cette région annoncée comme belle, culturelle et gastronomique, il faudra donc faire quelques choix.
23 septembre 2024
Le départ
Bagages, courses, repas pour les deux prochains jours, tout est calé dans notre T3 pour que ces deux semaines se passent dans les meilleures conditions.
Comme évoqué plus haut, notre Popo n’est pas fait pour l’autoroute. C’est donc deux jours de trajet qui nous attendent.
Cette première journée, sous un temps couvert voire pluvieux de temps à autre, nous fait (re)découvrir les routes départementales. Depuis Dijon, donc, c’est par les chemins de traverse et des villes comme Dole, Lons le Saunier, Oyonnax ou Annecy que nous échauffons Popo avant l’enchaînement montagneux Cormet de Roselend, Bourg Saint Maurice, Col du petit Saint Bernard qui devrait nous en dire plus sur la fiabilité du véhicule.
C’est une fois passé ce dernier col, définissant la frontière avec l’Italie, que nous décidons de terminer notre première journée de conduite. La nuit est bien tombée, et tout le monde y compris Popo est fatigué.
Nous trouverons donc un spot pour la nuit dans la descente, à quelques kilomètres de la Thuile.
Les routes françaises sont sans doute assez bien entretenues et la signalisation est bonne, mais il faut quand même souligner le nombre incalculable de ronds-points et surtout de ralentisseurs que notre pays est capable de fournir.
La fatigue est donc bien là, et après un verre de vin et un repas rapide, nous ne demandons pas notre reste.
24 septembre 2024
Arrivée en Toscane
Nous nous réveillons tôt, une autre grosse journée de route nous attend. La pluie est tombée toute la nuit, le soleil peine à traverser la brume matinale.
Etant le seul conducteur du couple, la fatigue des 9 heures de conduite de la veille ne me permet pas de me projeter sur 9 autres heures de ralentisseurs, ronds-points ou passages de cols. Nous décidons donc de passer la vallée d’Aoste et de voir si nous prenons l’autoroute ou non après deux heures de conduite.
En Italie, pas de ralentisseurs et peu de ronds-points. Tout ceci est remplacé par des radars de vitesse automatiques. Première résolution, nous ne nous plaindrons plus du nombre de radars en France. Un à chaque entrée de ville ou village, un au milieu et un à la sortie, impossible d’y échapper.
L’autoroute, qui longe la route « nationale » me fait de l’œil. Nous faisons le plein et en profitons pour comparer les itinéraires. Une fois Aoste passé, 3h30 d’autoroute ou 8h de route. Mon cœur balance, pas longtemps.
Nous prenons donc la Strada direction Genova (Gênes). Nous avions peur de déranger les automobilistes italiens réputés pour aller vite en voiture, mais là pas de risques. Nous sommes pratiquement seuls sur la route. Le compteur déroule et nous nous arrêtons à peine pour manger à midi et prendre un shot de caféine avec un expresso italien bien corsé.
Arrivés à Gênes les choses se compliquent un peu. D’un seul coup, l’autoroute est bondée de camions et de véhicules pressés. La quiétude de la première partie de trajet s’efface au profit d’une attention de tous les instants.
Nous arrivons tout de même en milieu d’après-midi à Lucca (Lucques), notre première étape.
Cette région de la Toscane se prête assez bien à ce qu’ils appellent l’Agriturismo. Il s’agit d’un échange entre un agriculteur qui met à disposition un spot pour un van ou camping-car en échange de la possibilité de goûter et d’acheter ses produits.
A Lucques, nous passerons donc deux nuits à la ferme de Paolo, Al Podere di Rosa. Paolo nous accueille, nous fait rapidement visiter son domaine et nous nous installons derrière sa maison.

Le spot est à l’écart, paisible. Nous en profitons pour nous installer tranquillement et nous reposer cette fin d’après midi.

Nous voyons Paolo au four et au moulin, accueillant les nouveaux arrivants, allant s’occuper de sa ferme, du petit-déjeuner du lendemain. Il est viticulteur à la base, mais il s’occupe de tout ce qu’il y a autour de son activité de tourisme aussi.
Nous réussissons tout de même à l’alpaguer pour une rapide dégustation de ses vins. Son exploitation est petite et il sort environ 5000 bouteilles par an. Au menu, 2 vins blancs et un rouge. Si les blancs ne nous ont pas convaincus, le rouge nous a tout de suite plu. Les blancs avaient en effet une couleur et un goût se rapprochant du jus de pomme. Désolé pour les œnologues en herbe et les friands de termes chiadés liés au vin, mais c’est cette comparaison qui nous est venue en premier.
Le rouge lui, était plus dans nos attentes sur les vins italiens. Nous lui prendrons ainsi trois bouteilles et quelques petits légumes de son jardin.

La nuit commence à tomber, et après un petit apéritif, un repas léger, c’est une grosse nuit de sommeil qui nous attend.
LUCCA – LUCQUES
25 septembre 2024
Cette fois, c’est la première visite. Après le petit déjeuner protéiné, c’est avec les vélos loués à la ferme que nous faisons les quelques kilomètres nous séparant du centre de Lucques, ville natale du célèbre compositeur Puccini.
Sur la route, nous nous arrêtons rapidement au marché du mercredi. Aucun intérêt, seuls des vêtements de contrefaçon ou de piètre qualité y sont vendus. Nous passons donc vite notre chemin.
Arrivés à la porta Santa Maria, nous entrons dans la vieille ville fortifiée pour utiliser le chemin aménagé le long des remparts. Nous commençons donc la visite par l’extérieur, nous permettant ainsi de prendre la température de cette ville.
Nous arrivons à la porta San Pietro où nous décidons de poser les vélos et d’aller explorer la vieille ville à pied.
Rien de planifié, pas de sens de la visite, nous voulons juste flâner dans les jolies ruelles de Lucca.
Cette flânerie nous amène peu à peu vers la Piazza Napoleone, la Piazza San Michele surplombée de la Chiesa di San Michele in Foro ou encore la célèbre Piazza dell’Anfiteatro.


Nous déambulons dans les rues de Lucques, où seuls quelques groupes de touristes retraités suivant leur guide et son petit drapeau nous indiquent que la ville est touristique. La saison en est à son dernier souffle, mais nous imaginons très bien quel enfer cela pourrait être en pleine saison.

L’heure est à l’apéro et nous décidons de nous arrêter dans une trattoria conseillée par Paolo. Premier enseignement, la différence entre un ristorante et une trattoria, c’est que la trattoria est plus familiale dans sa cuisine, son accueil et ses prix. En gros, pas de chichis, la nourriture est peut-être moins fine et moins recherchée, mais elle est bien cuisinée et moins chère.
C’est donc sur la Trattoria Da Ubaldo que nous portons notre choix. C‘est dans une déco spéciale mélangeant gothique et porno, déco attirant les appareils photos des touristes alentours, que nous prenons une bière locale pour commencer. Nous enchaînons ensuite avec des lasagnes pour moi et un risotto de la mer pour Emie. Les traductions étant un peu aléatoires, le poisson est devenu coquillage pour arriver dans l’assiette en forme de poulpe, pas forcément la préférence d’Emie.
Nous mangeons donc correctement sans que cela soit inoubliable à un prix abordable, et retournons à nos vélos par d’autres petites ruelles. La Piazza San Martino et la cathédrale du même nom étant notre dernière étape de la vielle ville, nous décidons de boucler le tour des remparts en vélo pour ressortir à la Porta Santa Maria, direction la ferme de Paolo.


Nous terminons la journée tranquillement, à vaquer à nos occupations et nous faire un copain (le chat du coin loin d’être sauvage et demandeur de caresses).
Pour finir, nous débouchons une bouteille achetée à Paolo pour accompagner notre repas et allons nous coucher. Demain, c’est le départ pour Firenze (Florence).
Nuit à Al Podere di Rosa : 5 euros si électricité, 15 euros le très bon petit-déjeuner, 14 euros la bouteille de vin, 10 euros la journée pour un vélo. L’accueil est très sympa et même si on sent qu’il a beaucoup à faire, Paolo essaie de tout faire pour qu’on se sente bien chez lui. Attention, toilettes mais pas de douche
Repas à la Trattoria Da Ubaldo : 20 euros par personne un plat avec un bière 50cl. Correct sans être inoubliable.
FIRENZE – FLORENCE
26 septembre 2024
Après un petit-déjeuner de très bonne qualité pris à la ferme et une dernière caresse au chat du coin, nous partons à l’assaut de Firenze (Florence).
Nos recherches nous ont averti que se garer dans cette ville allait être l’enfer de Dante et que certains vans pouvaient faire l’objet de dégradations. Nous décidons donc de prendre l’option camp de base dans un camping puis train pour nous rendre à Florence.
Nous portons notre choix sur le camping Mugello Verde à San Piero a Sieve. Ce camping propose des navettes gratuites pour aller à la gare du village, le train arrivant à Florence en une demi-heure. Top.
Nous posons donc le van en fin de matinée et attrapons le premier train pour Florence.
Sortis de la gare, c’est bien dans la vieille ville que nous débarquons et de suite, l’architecture des bâtiments nous émerveille. La basilique Santa Maria Novella est le premier monument majestueux qui apparaît, et au loin nous devinons rapidement que nous allons en prendre plein la vue avec les tours et différentes cathédrales de la ville.

Le centre n’étant pas si étendu et les incontournables concentrés, c’est encore une fois sans plan ni sens de la visite que nous décidons de visiter Florence. Evidemment, nous serons contraints par les horaires de nos réservations au Duomo et la galerie des Offices, mais le temps ne nous est pas compté.
Nous déambulons un peu au hasard, essayant d’éviter les grands axes bondés par les nombreux touristes malgré la période. Evidemment, nous n’évitons pas les places incontournables comme la Piazza della Republicca et ses boutiques de luxe, la Piazza della Signoria surmontée par le magnifique Palazzio Vecchio et à quelques pas du Ponte Vecchio, ou encore la cour de la Galleria degli Uffizi que nous visiterons demain.




Et c’est au détour d’une ruelle peu passante du côté de cette galerie des Offices que coïncide l’appel du ventre et la découverte d’une échoppe qui ne paie pas de mine et qui du coup nous attire.
Il s’agit d’une toute petite charcuterie/fromagerie familiale qui propose aussi deux ou trois tables pour déguster ses produits en sandwichs ou en assiette. Cela parle italien sur les tables prises, italien derrière le comptoir, cela ne peut donc pas être mauvais.
Et en effet, l’accueil est chaleureux, le tenancier est simple et nous explique (dans un bon français) que les produits viennent de la ferme de son fils, photos à l’appui de petits porcelets tout mignons. Il nous fait alors nous asseoir et nous prépare une assiette mi-charcuteries (les porcelets ont bien grandis et sont un peu moins mignons dans la vitrine réfrigérée) mi-fromages de brebis. Le tout arrosé d’un verre de chianti et accompagné de pane olio (pain arrosé d’huile d’olive) dans une très bonne ambiance, au top !

Après cette belle découverte, il est temps d’aller faire notre première visite de site. Il s’agit de la cathédrale Santa Maria del Fiore, connue aussi sous le nom du Duomo.

Cette cathédrale du 13ème siècle est l’une des plus grandes d’Europe, et c’est surtout son dôme qui impressionne puisque c’est le plus grand dôme maçonné jamais construit. A l’intérieur, c’est la sobriété qui prédomine. Le sol et quelques toiles impressionnent tout de même, mais le clou du spectacle est bien ce magnifique dôme couvert de fresques. Impressionnant et vertigineux.


Une fois éblouis par cet édifice, nous grimpons les 414 marches du campanile de Giotto, une tour attenante au Duomo nous offrant une très belle vue de Florence et un autre angle de la cathédrale.


La suite de la visite nous amène au Battistero di San Giovanni. Malheureusement, la coupole qui est le clou de cet édifice est en réfection et nous ne pourrons voir que les mosaïques de la première ceinture. Dommage, car rien que ces mosaïques sont superbes et nous ne pouvons qu’imaginer la beauté de la coupole.
Notre billet nous donne également droit à l’entrée du musée de la cathédrale où sont exposées les pièces retirées suite aux différentes rénovations du Duomo, mais il est occupé aujourd’hui par un concert. Pas grave, nous reviendrons demain.
Nous terminons notre après midi dans un petit café trouvé au détour d’une ruelle au pied de la maison de Dante. Cette fois nous demandons un café longo, mais nos standards sont différents et le café « long » est assez fort quand même. Nous accompagnons ça d’une petite gâterie à la pistache et au chocolat et nous sommes refaits.
Un dernier arrêt dans une épicerie pour le petit déjeuner de demain et il est temps de reprendre le train pour rejoindre notre camp de base.
Une bonne douche bien méritée et un repas léger plus tard, la longue journée passée ne nous fait pas de cadeau et nous nous endormons rapidement.
Train pour Firenze : 7,80 euros A/R par personne
Camping Mugello Verde : 32 euros la nuit avec électricité, navette gratuite pour aller à la gare
Alimentari Uffizi : 34 euros pour une bonne assiette de charcuteries et de fromages et deux verres de vin
Pass Gioto : 20 euros par personne (réserver avant) – accès à la cathédrale, au musée, au campanile et au baptistère.
27 septembre 2024
Après un petit déjeuner copieux, nous reprenons le train pour notre second jour de visites à Firenze.
C’est par le musée dell’Opera del Duomo que nous n’avions pas pu faire la veille que nous commençons. Il s’agit là d’une exposition d’outils utilisés pour les différentes rénovations et modifications de la cathédrale et de pièces (principalement des statues) qui ont été retirées suite à ces rénovations successives. Une impressionnante reconstruction taille réelle de l’ancienne façade de la cathédrale est visible dans la salle du Paradis, nom venant d’une des magnifiques portes d’origine en bronze du baptistère exposée dans cette salle.




Nous décidons ensuite de flâner dans les rues de la ville, repassant par les places incontournables, traversant l’Arno par le Ponte Vecchio et ses joaillers pour arriver au Palazzio Pitti. Impressionnant bâtiment d’environ 200m, ce n’est par contre pas le plus beau de la ville.

Non loin de ce bâtiment, nous décidons de pousser la porte d’une sandwicherie sans prétention. De prime abord, rien d’exceptionnel par rapport aux autres, mais pour autant, nous y voyons passer les artisans travaillant dans le coin. Cette échoppe est faite pour nous et ni une ni deux nous nous installons. Le tenancier très sympa nous apporte nos commandes, lasagne al pesto pour Emie, ciabatta salami pour moi, le tout arrosé d’un verre de chianti évidemment. Nous sommes repus, mais le tiramisu maison nous fait de l’œil. Nous ne mettons pas longtemps à craquer et la décision a été la bonne. Un délice. Le tout pour une addition largement sous la barre de ce que nous avons pu voir dans la ville, une adresse à conserver !
Il s’agit maintenant, après un petit café non loin de la piazza della Signoria, d’aller visiter la Gallerie degli Uffizi (Galerie des Offices). Ce palais abrite le musée des Offices, dans lequel un nombre impressionnant d’œuvres d’art se succèdent sur 8000 m².
Nous n’allons pas ici énumérer tous les artistes et les toiles exposées, mais pêle-mêle nous y verrons des toiles du Caravage, Raphaël, Michel-Ange, Boticelli, Leonard de Vinci… Les plus connues sont sans doute Le Printemps et la Naissance de Venus de Botticelli, la Meduse du Caravage ou encore la Venus d’Urbin de Titien.




Les férus d’art de la Renaissance à aujourd’hui pourront se repaître des heures durant dans ce musée incroyable. De notre côté, nous ne sommes pas assez connaisseurs, et il faut dire qu’au bout de deux heures de visite, les jambes, la concentration et la motivation en prennent un coup. Et même si effectivement de grandes toiles de maîtres sont présentées, tout se répète un peu autour de la Madone, de Jésus et de Saint Jean le Baptiste.
Bref, ayant atteint notre limite, nous décidons de repartir direction la gare. Et après un petit stop à l’épicerie, nous prenons le train pour notre camp de base une dernière fois pour terminer la soirée à vaquer à nos occupations, prendre notre douche et un dîner léger avant de nous coucher.
En tout cas, Florence nous a impressionné par la beauté de ses places, de ses ruelles, la richesse de ses musées et de ses édifices culturels. La richesse de toutes ces petites échoppes aussi, qui méritent de se détourner des grandes enseignes et des restaurants ou cafés tape à l’œil. Tout le monde peut y trouver son compte et c’est ça qui permet à Florence d’être une des plus belles villes que nous ayons visitées.
Train pour Firenze : 7,80 A/R par personne
Camping Mugello Verde : 32 euros la nuit avec électricité, navette gratuite pour aller à la gare
Pitti Express : 30 euros pour un plat de lasagne, un panini, deux verres de vin et deux tiramisus.
Galerie des Offices : 29 euros par personne lorsque pris en avance, réserver un horaire
28 septembre 2024
SAN GIMIGNANO
Ce matin, nous quittons la région de Florence pour nous diriger vers Sienne. Bon, petite merdouille tout de même, Popo a décidé que notre batterie auxiliaire n’ira pas plus loin. Odeur de chaud et batterie gonflée, le diagnostic est sans appel.
Dans notre malheur, s’il y a bien un endroit sur notre route où il fallait que ça se passe c’est à Florence. Nous trouvons rapidement un magasin vendant ce genre de batterie, et le changement est vite fait.
Une fois passée cette péripétie, nous prenons la direction de San Giminiano, un village médiéval cerné par des remparts.
Nous nous garons donc en contre-bas de la vieille ville et comme depuis le début de nos visites, pas de planning. Nous déambulons dans les rues et ruelles pavées de la ville, tantôt dans le flot de touristes, tantôt y échappant.
Nous passons bien sûr sur les plus belles places comme la Piazza della Cisterna et la Piazza del Duomo, le long des remparts pour profiter de la vue sur la campagne toscane environnante ou encore sous les nombreuses arches reliant les tours et les vieilles bâtisses de la ville.


Au détour d’une ruelle, nous choisissons une trattoria pour y déjeuner. Emie prendra des spaghettis al pesto et je tenterai l’Arista di maiale, un morceau de longe de porc, le tout arrosé de vino rosso.
Petite remarque sur la cuisine italienne, il est difficile de manger végétarien et varié. Peu de légumes cuisinés, peu de protéines végétales. De plus, lorsqu’on prend un plat secondi, l’accompagnement doit être pris en plus (contorni). Nous sommes là pour apprendre et nous voilà donc mis au courant. Au restaurant donc, il y a les antipasti (entrées), les primi (spaghettis ou lasagnes), les secundi (plats principaux avec viandes), les contorni (accompagnements, souvent des patates ou des légumes) et les dulci (desserts).
Bref, nous avons tout de même mangé correctement, mais il nous manque quelque chose. Une petite douceur ne nous fera pas de mal. D’autant que San Giminiano accueille deux champions du monde de glace ! Chez ces deux champions, la file d’attente des touristes est à la hauteur du titre, comme le prix d’ailleurs. Nous passons donc notre chemin et laissons derrière nous sans regrets la « meilleure glace du monde ». Nous nous contenterons dans la ruelle d’à côté d’un pot de glace. Sans doute une glace de deuxième division, mais nous prenons tout de même plaisir à la déguster dans un petit parc le long des remparts. Dans ce parc d’ailleurs, un conteur costumé déclame avec talent les vers de la Divine Comédie de Dante.

Avant de quitter San Giminiano, nous nous arrêtons boire un petit café pour préparer la suite de la journée.
Nous récupérons ensuite notre van et prenons la direction de notre destination du lendemain, Volterra. Et c’est sur la route que nous trouvons un coin en forêt pour y passer le restant de la journée à vaquer à nos occupations, prendre une douche sommaire et passer une très bonne nuit au calme.

La trattoria Chiribiri : 18 euros la viande en sauce (sans accompagnement), 10 euros le plat de spaghetti al pesto, 5 euros le grand verre de vin rouge
29 septembre 2024
VOLTERRA
Aujourd’hui sera une journée plutôt tranquille puisqu’au programme, un peu de route pour visiter Volterra, un autre village médiéval sur la route de Sienne, notre destination du soir.
La route est agréable et les paysages typiques de Toscane se succèdent. Nous arrivons rapidement à Volterra et nous garons sur un parking en contrebas de la vieille ville.
Cette vieille ville fortifiée est bien moins touristique que San Giminiano. Pour autant, il y a de l’animation puisque se superpose aujourd’hui une compétition de VTT et le rassemblement d’une horde de motards estampillés Harley Davidson. Hard Rock à fond les manettes, vrombissement des moteurs, ils ont pris possession des lieux.

Nous déambulons comme à notre habitude dans les petites ruelles de Volterra, profitant des lieux comme la Piazza del Priori.


Vers midi, nous prenons une petite bière avant de chercher de quoi manger. Notre choix se porte sur une Trattoria à la sortie de la ville, la Trattoria la Pace. Uniquement servie en italien (personne ne parle anglais dans la boutique) et, si l’on en croit le brouhaha ambiant, fréquenté par les italiens, ce petit restaurant ne paie pas de mine mais est finalement un bon choix. Emie goûtera une spécialité toscane, la ribollita. Il s’agit d’une soupe des restes de la veille de pain rassis et de légumes d’hiver (choux, haricots blancs). Délicieux. Pour ma part, je prendrai une grillade à la florentine. Alors pour les gastronomes, la grillade à la « florentine », c’est une grillade (certes un bon morceau de viande) avec 4 gros grains de sel jetés dessus. Désolé amis italiens, mais on ne peut pas appeler ça une « spécialité ». N’empêche, la viande était excellente et cette fois, je n’ai pas oublié le contorni pour accompagner ma viande. Pour faire dans l’original, j’ai pris des patates au four.

Nous retournons alors au van et là, petite surprise sur le pare-brise. Une amende pour non-paiement du stationnement est apparue. Comme des idiots nous avons fait deux erreurs. La première, nous avons pensé que le dimanche n’était pas payant. La seconde, nous avons fait comme les deux italiens qui se sont garés à côté de nous. Ils n’ont pas payé et nous avons fait confiance aux locaux. Résultat, ils ont pris la même amende que nous.
Le papillon rangé immédiatement dans la boîte à gants, nous reprenons la route direction Sienne. Nous avons une nouvelle fois fait le choix, pour cette grande ville, de passer les deux prochaines nuits dans un camping pour éviter les tracas du stationnement et les éventuelles dégradations sur notre véhicule.
C’est donc au Siena Collaverde que nous allons passer la fin d’après midi à lire, écrire, nous reposer, pour terminer cette journée par un apéritif et un repas léger. Demain, nous nous levons tôt pour profiter de la journée à Sienne.

Trattoria la Pace : Une ribollita 10 euros, un filet de bœuf à la florentine 16 euros, une assiette de patates au four 5 euros
Nuit au camping Siena Collaverde : 40 euros
30 septembre 2024
SIENNE
C’est donc après un bon petit déjeuner que nous prenons le bus pour rejoindre le centre historique de Sienne. Là, l’ambiance de la ville nous plaît tout de suite. Pas de flot de touristes convergeant vers le même endroit, les ruelles sont très belles, les bâtiments également, un calme latent règne et nous sommes sous le charme.


Nous découvrons petit à petit les incontournables de la ville (Piazza del Campo, Piazza del Duomo, Piazza San Francesco), mais nous nous perdons aussi dans le labyrinthe des ruelles de Sienne. Nous apprenons aussi que cette cité est très marquée dans ses identités de quartiers, les contrade. Ces quartiers ont leur propre couleur, des blasons différents hérités des guerres médiévales, et les habitants tiennent à leur identité et à la rivalité entre ces quartiers. Le paroxysme de cette rivalité a lieu deux fois par an. Le 2 juillet et le 16 août a lieu le Palio de Sienne. La piazza del Campo se transforme alors en hippodrome et une violente course de chevaux voit s’affronter les jockeys des différents quartiers.



L’heure de déjeuner approche, et nous décidons de tenter pour la première fois les pizzas italiennes. Pour le moment, à chaque fois que nous passions devant une échoppe qui vendait des pizzas à la part, nous étions plutôt déçus du visu. Peu garnies et peu de choix, nous ne sentions pas le truc.
Cette fois, nous sautons le pas et allons dans une petite boutique pour prendre deux pizzas à emporter. Arrosée d’une bière locale, nous nous régalons sur un muret en bord de parc et ne regrettons pas notre choix.


Avant de quitter cette superbe ville qui nous a complètement ensorcelés, il nous faut notre petite gelato. Nous abusons et achetons aussi dans une pasticceria deux pâtisseries à base de crème chocolat et pistache.
Nous reprenons enfin le bus pour retourner au camping prendre une bonne douche et un apéro dinatoire pour enfin aller nous coucher.
Sienne aura été la belle surprise du voyage. Nous n’en attendions pas énormément, mais le charme et l’ambiance de Sienne sont vraiment des atouts qui vont certainement en faire notre top 1 de ces deux semaines en Toscane.
Pizza à la Principesse : 10 euros la pizza végétarienne, 12 euros la pizza charcuterie et 3 euros la bouteille de bière locale
Bus : 1,70 euros l’aller par personne
1er octobre 2024
VAL D’ORCIA
Après une toilette rapide et un petit-déjeuner copieux, il est temps de s’attaquer au Val D’Orcia, au sud de Sienne.
La route est très belle et parsemée d’exploitations typiques de la Toscane, avec les fins cyprès de part et d’autre des allées.
Nous nous arrêterons d’abord à Montepulciano, où nous ferons une dégustation du vino nobile, spécialité du coin. Nous en achèterons trois bouteilles puisque notre réserve spéciale vacances est à sec. Pour les cinéphiles, la place de Montepulciano est célèbre pour être apparue dans Twilight 2 (j’ai vraiment dit cinéphiles ?)


Nous ferons ensuite un stop à Pienza pour déjeuner. Emie a envie de burger, et c’est à côté de la place Pio II que nous trouverons un ancien qui fait des burgers maison. Excellent et bon marché, nous avons bien fait de zapper les spécialités toscanes pour aujourd’hui. Il faut dire qu’Emie a du mal à trouver autre chose que des spaghettis au pesto ou de la pizza margherita.

Après une étape à la laverie de Pienza, nous reprenons la route pour notre destination finale, San Quirico d’Orcia. Calme et très peu touristique, il est vrai que nous avons un peu notre dose de villages médiévaux, de places et d’églises, aussi beaux soient-ils. Nous prenons un petit café pour trouver un coin où dormir ce soir, et notre choix s’arrête à Bagno Vignoni, un patelain célèbre pour ses thermes.

Nous trouvons facilement notre spot pour la nuit, sympa et au calme. Nous vaquons alors à nos occupations (lecture, écriture, apéro) puis l’heure vient de terminer cette journée pas forcément la plus exaltante.
Burgers au Pio Burger de Pienza : Entre 7 et 9 euros (burgers maison)
Laverie automatique : 6 euros la machine (lessive comprise), 1 euro le quart d’heure de sèche linge
2 octobre 2024
Nous avons décidé aujourd’hui de stopper nos visites. C’est le dernier jour annoncé de beau temps, et nous allons profiter de la météo clémente et du site où nous sommes pour faire une petite sortie trail.
Après un petit déjeuner léger, nous mettons les baskets et arpentons le parcours du Parco dei Mulini. Au programme, 16 km et 600m de dénivelé pour nous faire découvrir l’arrière pays toscan. Nous passons par quelques hameaux très jolis, notamment Castiglione d’Orcia, point culminant de notre parcours, et rentrons à Bagno Vignoni bien décrassés après 2 heures d’efforts.

Nous tentons ensuite vainement d’aller nous baigner dans les termes naturels, mais des panneaux d’interdiction avec amende à la clé nous refroidissent.
Nous retournons donc au van pour une bonne douche solaire dans les bois, puis cherchons un petit restaurant pour le déjeuner.
Nous nous tournons vers la trattoria Il Loggiato. Première commande, deux bières pour récupérer. Puis Emie doit comme bien souvent se tourner vers les Spaghettis à la tomate et au parmesan devant le très peu de choix de plats végétariens. Pour info, la Toscane n’est pas forcément « veggie friendly ». Pour ma part, je vais me régaler avec un jambon braisé sauce à la bière et au miel avec des petites patates au four. Vraiment excellent et bien content de ne pas être végé à ce moment-là.
Il est temps ensuite de reprendre la route, direction le Nord. La météo annoncée est catastrophique et nous décidons de remonter tranquillement vers Dijon. Nous trouvons un spot pour la nuit vers Greve in Chianti, après avoir roulé au milieu de paysages superbes de vignes et de forêts.
Demain, la pluie devrait faire son apparition et cette fois, nous allons devoir mettre fin aux vacances et reprendre la route pour la France.
Plats à Il Loggio de Bagno Vignoni : 12 euros le plat de pâtes, 18 euros le jambon à l’os, 5 euros les patates au four et 8 euros la bière (ouch !).
3 octobre 2024
Dernier jour italien
Cette fois c’est la fin. La pluie est tombée toute la nuit, et pendant le petit-déjeuner, la décision est prise d’entamer le retour.
Nous partons donc de Greve in Chianti sous la pluie drue, première destination la station service. Là, nous subissons notre unique mauvais contact avec nos amis italiens. En effet, je prends de l’essence sur une pompe automatique avec ma carte bleue. Tout se passe bien jusqu’à ce que nous commencions à repartir. Un cri derrière nous nous arrête et le pompiste, dans un français impeccable nous demande de revenir payer à son bureau. Nous ne comprenons pas, mais devant l’insistance du pompiste je sors m’expliquer avec lui. Toujours en français (heureusement d’ailleurs !), le pompiste me soutient que je n’ai pas payé et que c’est lui qui m’a ouvert la pompe. J’essaie de garder mon calme en lui expliquant que j’ai bien fait toutes les étapes sur la machine automatique et que je ne suis pas un voleur. Sa colère mais aussi et surtout son insistance à me considérer comme un truand commencent à m’échauffer. Je lui demande de vérifier les dernières transactions à la machine, il me demande mon numéro de carte et là, sans même s’excuser, il m’annonce que j’ai raison. J’attends quelques secondes des excuses de sa part mais rien ne sort. Je repars donc sur une mauvaise impression qui mettra la journée à passer.
Cette journée sur la route, sous la pluie battante, est assez longue. Nous nous arrêterons manger dans une station balnéaire déserte. Rien n’est ouvert et c’est dans un McDo que nous trouvons à manger.
Une fois repus, nous traversons le Piémont pour attaquer la vallée d’Aoste où la nuit tombe. Nous attaquons le col du Petit Saint Bernard et épuisés, nous décidons de nous arrêter sur un spot en haut du col, au bord d’un lac en espérant avoir une vue demain matin.
Nous mangeons rapidement, la journée a été longue et la nuit sera courte pour essayer de partir tôt. Une autre journée de route nous attend demain et nous aimerions ne pas arriver trop tard à Dijon.
4 octobre 2024
Faux départ et retour au bercail
La nuit a été très fraîche et pour cause, le gel s’est installé sur le van et le petit lac au bord duquel nous étions. Nous déjeunons donc dans le (très) froid et écourtons notre préparation matinale pour passer le col et redescendre au chaud dans la vallée.
Malheureusement Popo, qui malgré quelques incartades ne nous a pas fait faux bond, décide cette fois de rester à quai et de ne pas démarrer. Malgré toutes les astuces qui fonctionnaient avant (booster, petits coups sur le démarreur) rien n’y fait. Nous sommes bloqués à 1 km à peine du col et de la frontière française.
Cette précision est importante, puisque nous passons la matinée à négocier avec l’assurance puis le dépanneur de Bourg Saint Maurice pour une assistance. Nous n’obtenons rien car nous sommes encore en Italie ! Nous devons donc appeler à Milan pour essayer d’avoir de l’aide. Vive la France et ses règlements incompréhensibles.
En attendant, Emeline aperçoit une jeune femme qui s’est garée près de nous. Elle me pose la question si on lui demande au cas où elle aurait des pinces pour tenter un démarrage du van. Le vilain pas beau que je suis ne daigne même pas croire une seule seconde qu’une femme pourrait avoir des pinces dans sa voiture, mais Emeline fait quand même la démarche. Et là c’est la surprise totale puisque non seulement elle a des pinces, mais elle nous sauve la mise puisque Popo redémarre directement.
Après un énorme soulagement et une remise en question sur ma perception de la gestion féminine de la mécanique, nous voilà repartis sur les routes de France.
Quelques frayeurs lors du passage des cols suivants ne nous sont pas épargnés puisque Popo a décidé de chauffer au moindre effort et de nous demander un arrêt refroidissement, capot ouvert au bord de la route.
Bref, le reste de la route se fait sans encombres, et c’est en début de soirée que nous regagnons nos pénates, fatigués mais satisfaits de notre road trip en van en Toscane.
CE QUE NOUS AVONS AIME
- Sienne et son charme d’antan
- Florence et sa culture
- Les paysages de Toscane et ses villages médiévaux
- Le vin italien
CE QUE NOUS AVONS MOINS AIME
- Etonnamment le manque de diversité gastronomique, surtout si on est végétarien
