MYANMAR – Mandalay

ROAD TO MANDALAY !

7 février 2017

Aujourd’hui nous nous attendions à une journée de transports banale, ennuyeuse et fatiguante. Ce fut loin d’être le cas…

Le bus entre Hpa’an et Kinpun fut sans encombres ou presque. Le bus devait s’arrêter en effet à Kinpun, mais incompréhension ou erreur d’aiguillage du vendeur, le bus s’arrête en fait à Kyaikto, à 30 mn de Kinpun !

Nous descendons du bus avec le vieil allemand qui aimerait que nous lui montrions la GH dans laquelle nous avons séjourné à Kinpun. Pas de soucis, mais à la descente à la « station de bus » (en fait une échoppe familiale qui vend des tickets de bus), il y a imbroglio. Nous achetons notre ticket pour Mandalay (bus de nuit) et nous demandons comment aller à Kinpun. Etant donné que nous avions pris un billet chez eux, ils nous proposent de nous emmener à la station de pick-up gratuitement, contrairement au vieil allemand qui lui ne prendra pas le bus pour Mandalay. Pas grave, nous le retrouverons à la station ! Les deux scooters qui nous amènent arrivent dans un endroit désert, dans les hauteurs de Kyaikto, et nous montrent une réplique du Golden Rock de Kinpun (version miniature). Incompréhension ! Ils ont cru que nous voulions voir le Golden Rock et n’ont rien compris. Rappelons que nous voulions juste faire un aller-retour à Kinpun en bus ou pick-up pour récupérer mes chaussures…

Nous revoilà partis sur la route en scooter et nous croisons le vieil allemand sur un autre scooter, allant dans la direction opposée. Nous ne le reverrons plus. Engagés sur une grande route, nous comprenons au bout de dix minutes que les deux scooters nous emmènent directement à Kinpun… et nous déposent à la station de pick-ups qui emmènent en haut du mont Kyaikto pour voir le Golden Rock ! Cela ne faisait que douze fois que nous leur disions que nous l’avions déjà vu ! Pas grave, la GH est à deux pas et nous récupérons mes chaussures. Je n’y croyais pourtant qu’à moitié et je suis soulagé. Le gérant est vraiment correct !

Les scooters nous attendaient et en se mettant en route nous donnent le prix de la course. Cela a l’air plutôt correct (7000K) mais il s’agissait du prix par personne et seulement l’aller ! Nous leur faisons comprendre qu’il va y avoir un souci et nous nous arrêtons à un « bureau de tabac ». Un des chauffeurs fume une clope nerveusement et commence à chiquer. On le sent tendu et ça sent pas bon.

Nous repartons pour Kyaikto et une fois arrivés à la station de bus ils nous demandent 28000K ! Hors de question ! Nous sentons que cela s’envenime et nous leur donnerons 16000K, ce qui ne fait pas du tout leur bonheur.

Des erreurs des deux côtés ont été commises. Ils parlaient bien anglais mais n’avaient pas l’air de le comprendre très bien, soit à cause de notre niveau ou de notre accent. Pourtant le vieil allemand parlait couramment et lui non plus n’a pas réussi à se faire comprendre facilement. De plus, nous avons retenu la leçon. Les taxis scooters sont les coursiers les plus chers, nous n’en prendrons donc certainement plus.

Après ce moment de tension, les choses s’apaisent. Ils présentent leurs excuses pour ce malentendu, et nous nous excusons aussi. Nous ne sommes pas venus en terrain conquis pour les escroquer, mais là ce n’était vraiment pas acceptable. La paix est signée et ils m’invitent à faire une partie de dominos sur le trottoir. Je gagne deux fois (ou plutôt ils me laissent gagner) et ils repartent travailler. Nous nous quittons finalement en moins mauvais termes.

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Il est donc à ce moment environ 12h00 et notre bus part à…20h ! Autant d’attente dans Kyaikto, une bourgade de transit sans intérêt, cela risque d’être l’enfer.

Nous commençons par boire un café (enfin, un café…) chez le gérant de la station de bus, puis nous partons à la découverte de Kyaikto, en laissant notre sac à la station, en bord de rue et à la portée de tous. Ajoutons l’épisode malheureux des scooters… Il y a 10 jours encore il était hors de question que nous prenions le risque de laisser « notre vie » dans un endroit pareil, mais il faut savoir qu’au Myanmar, la peine encourue pour le vol, surtout envers les étrangers est très dissuasive et c’est efficace. Nous avons toute confiance.

Nous commençons donc par un tour au marché, puis nous arpentons les rues de la ville. Dans les petites rues peu fréquentées, les gens continuent de sourire, à dire bonjour. Quand nous passons devant une école, tous les enfants arrêtent leurs activités et nous envoient des « hello ! ».

Nous passons enfin devant une échoppe sans prétention, un peu différente des autres. Cela a l’air propre et beaucoup de gens viennent se fournir, sur place ou à emporter. Ils font même des milkshakes ! Avec 4/5h à tuer, nous tentons d’y prendre un jus d’orange pressé. Bon on nous emmène un jus de citron mais il est frais et passe bien !

Après un petit point sur le budget et la suite du parcours, nous engageons des parties de 8 américain endiablées.

Un tour aux toilettes en passant par les cuisines (!) finit de nous convaincre que c’est relativement bien tenu et oh miracle, la viande qu’ils coupent, ce sont des filets de poulet ! Nous nous laissons donc tenter par des nouilles aux légumes pour Emie, et des nouilles aux légumes, avec du poulet pour moi. Et nous ne sommes pas déçus, la cuisine est excellente ! Les nouilles sont un délice, peut-être les meilleures jusque là.

Une fois terminées nos parties de cartes (le gagnant gardera l’anonymat) autour d’un café (enfin, un café…), nous retournons à la station de bus non sans avoir lorgné sur les milkshakes. Mais la glace, ce sera le prochain risque à prendre, nous ne sommes pas encore prêts.

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Une heure et demie à attendre devant la station, une petite discussion avec un étudiant birman qui rentre chez lui, et une petite animation. Une mère de famille (celle qui nous a vendu les tickets de bus) avec deux enfants en bas âge que nous qualifierions en France de cas soc. Eternellement sur son téléphone, ses enfants (une fille d’environ 5 ans et un garçon de deux ans pas plus) sont livrés à eux-mêmes. Ils jouent dans le caniveau avec tout ce qu’ils trouvent, courent au bord de la route où bus, poids lourds et scooter passent à toute vitesse. Sans parler des chaussures du gamin qui couinent à chaque pas. Rigolo au départ mais au bout d’une heure, ça tape un peu sur le système.

Pour une fois, le bus arrive en retard (pas loin d’une heure) et nous partons pour une nuit de trajet. Emie fera son François Perrin puisqu’un seul siège est cassé et ne s’incline pas, c’est le sien…

Le trajet se déroulera ensuite sans encombres, le sommeil entrecoupé des crachats, des rots, des pets et de l’odeur d’urine de notre voisin de derrière.

MANDALAY

8 février 2017

Arrivés à Mandalay vers 6h00, un taxi nous propose un prix intéressant pour nous conduire à la Rich Queen Guest House. Le jeune conducteur veut nous parler français et le long du trajet, il nous explique qu’il aime le football, et qu’il connaît Dijon car il regarde la Ligue 1 tous les week-ends (le pauvre !). Avant de nous quitter, il nous explique ce qu’il y’a à faire à Mandalay et ses environs, et bien entendu se propose de nous emmener. Ce sera trop cher et nous ne donnerons pas suite.

La GH est une bonne surprise. Pour 15$ (négocié), nous avons une chambre double avec clim, salle de bains et petit-déjeuner ! Une fois rafraîchis, nous sortons à Mandalay.

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La ville est plutôt charmante, nous sommes situés à côté d’un marché immense et ça fourmille de partout. Nous avons l’intention de louer un vélo et affronter la circulation de la ville. Nous louons donc des vélos (2000K/vélo) chez Mr Jerry et nous nous dirigeons vers la Colline, en passant par le palais Royal.

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Arrivés à la Colline, nous affrontons une nouvelle volée de marches (30mn) pour trouver une pagode au sommet. Malheureusement, pollution ou brume, la vue ne nous apporte pas beaucoup.

Nous redescendons récupérer les vélos nous mettons à la recherche de quelque chose à manger. Nous optons pour un street food. Nous remarquons d’ailleurs que beaucoup de birmans s’y arrêtent pour se fournir. Nous prenons donc un plat, base riz avec une multitude de légumes tous plus appétissants les uns que les autres. N’ayant pas de salle à proprement parlé, ils nous installent une petite table où eux mangent d’habitude, chez eux, et nous mangeons cette fois encore très bien.

Rassasiés, nous nous baladons à vélo dans Mandalay, et finalement nous avons réussi à apprivoiser la circulation qui au départ nous effrayait.

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C’est très agréable d’arpenter les rues d’une ville avec un autre moyen de locomotion et le retour fatigués à la Guest House nous indique que nous avons encore passé une journée bien remplie.

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9 février 2017

Le petit déjeuner concocté par la famille gérant la GH est copieux, avec même quelques fruits bienvenus. Tant mieux puisqu’il s’agissait sans doute de notre dernier repas puisqu’aujourd’hui nous avons décidé d’explorer les environs…en scooter.

Aucun de nous deux n’ayant jamais conduit un tel engin, c’est Emie qui s’y colle en premier.

Notre itinéraire (Mingun, Sagaing, Inwa et Amarapura) va nous faire découvrir les anciennes capitales du royaume Birman. Emie s’en sort comme un charme pour nous sortir de la ville et après 1h30 d’une route agréable le long du fleuve et la traversée d’un immense pont au-dessus de ce fleuve, nous arrivons à Mingun.

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Et là c’est la surprise totale puisque pour la première fois nous nous faisons héler à chaque stand pour qu’on achète pantalons, souvenirs et autres bricoles. L’endroit est hyper touristique, la faute à l’arrivée de plusieurs ferries remplis d’étrangers depuis Mandalay.

Pour les visites, nous nous ferons délester de 5000K/p de « droits d’entrée ». Nous trouvons ça plutôt cher mais nous ne sommes pas allés jusque là pour reculer au dernier moment !

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Les sites sont dispatchés dans le village. Des ruines (la plus grande pagode jamais construite, mais surtout jamais terminée par exemple), des pagodes d’un type que nous n’avions encore jamais vu (toutes blanches) et la deuxième plus grand cloche du monde, jamais utilisée elle non plus.

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Après deux heures de visite, nous repartons pour Sagaing, une autre ancienne capitale, sur une colline parsemée de pagodes. Nous arrivons en haut de cette colline mais nous n’irons pas cette fois affronter les 350 marches qui nous amèneraient à la pagode principale (manque de temps, et d’envie aussi !).

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Changement de conducteur et c’est reparti sur les routes de la région de Mandalay, direction Inwa. Les guides, les locaux (gérants de la GH, loueur de vélo, taxi) nous ont tous stipulé qu’il était obligatoire de prendre un bateau pour aller dans cette bourgade plutôt champêtre. Nous prenons notre carte et partons donc à la recherche de l’embarcadère. Et en cherchant où prendre ce fameux bateau, nous nous apercevons que nous sommes bel et bien déjà à Inwa, et qu’il n’était finalement pas obligatoire de prendre ce fameux bateau.

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Petit village agricole, des paysages de culture de « water grass » (une herbe servant à la préparation des soupes), des ruines historiques, Inwa est très agréable et très charmante. Les touristes que nous croisons sont eux arrivés par bateau et se baladent en s’entassant dans des calèches. Avec notre scooter nous, nous sommes libres !

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Enfin, notre parcours nous amène à notre dernière destination, Amarapura. Il était temps puisque la jauge d’essence flirte dangereusement avec la réserve.

En route pour l’attraction de l’ancienne capitale, le pont U-Bein, nous tombons sur un atelier de soie en pleine activité. Nous décidons de nous arrêter pour voir et un homme nous indique que nous pouvons entrer sans souci. 6 ou 7 machines, des métiers à tisser, tournent à plein régime et ce qui ressemble à une famille (père, fils, et filles) font tourner l’atelier. Alors forcément aux premiers abords nous sommes un peu troublés de voir des enfants (de 10 à 16 ans environ) travailler sur des machines comme celles-ci, mais la famille n’a que cela pour vivre. Et lorsque nous mangeons ce sont souvent les enfants de la famille qui nous servent et là nous ne sommes pas choqués donc.. En tout cas c’était vraiment une bonne découverte de voir que ce qui se vend dans les échoppes est fabriqué à deux pas.

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L’atelier derrière nous, c’est le fameux pont U-Bein qui nous attend. Le plus long pont en tek du monde (1,2 km) est impressionnant. Nous ne sommes pas loin du coucher du soleil et pas mal de touristes étrangers sont présents, mais le pont est tellement grand que cela ne se voit pas trop. Nous l’arpentons jusqu’à environ la moitié avant de faire demi-tour et laisser cette grande construction derrière nous.

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Il s’agit désormais de rentrer à la GH. La panne d’essence se fait menaçante et c’est l’heure de pointe à Mandalay. Je vous conseille de regarder sur Internet comment se passe les heures de pointe dans cette ville et vous verrez dans quel chaos nous sommes tombés. Voitures, taxis, une fourmilière de scooters, des pick-up, des bus. Tous enchevêtrés et voulant doubler tout le monde. Le tout dans une pollution totalement insupportable. Nous sommes au milieu de tous les gaz d’échappement de ceux qui nous précèdent. Nous demandons notre chemin à un stand de food, et là horreur, ils nous affirment que nous sommes à une demi-heure de la GH ! Cette fois c’est sûr nous tomberons en panne. Tant pis, nous décidons de tenter le coup. Et après quelques frayeurs, nous arrivons à la GH sur l’extrême limite de la réserve, TRÈS soulagés.

Une journée une nouvelle fois ponctuée de jolis paysages, de découvertes, mais aussi d’aventure !

Demain, nous reprenons la route pour aller faire un trek à Hsipaw, chez les Shans.

Notre Guest House : La Rich Queen Guest House, à proximité de la 87th st. Une chambre double avec salle de bain pour 15$ (négocié), petit-déjeuner copieux (européen) compris. Propre, le personnel est accueillant et informe très bien. Précisions : la meilleure connexion internet jusque là. Location de scooters possible (10000K/manuel, 15000K/auto).

Entrée Mingun : 5000K/p

Location de vélos : Mr Jerry, dans la 26th st. 2000K/vélo, matériel correct. Il loue également des scooters (mêmes prix qu’à la GH).

Bus Mandalay – Hsipaw : 5000K/p


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