PÉROU – Cusco, le trek du Salcantay et le Machu Picchu

CUSCO

23 décembre 2017

Nous arrivons donc à Cusco au petit matin, et comme il est trop tôt pour aller chez la famille qui va nous héberger ici, nous flânons dans les rues à la recherche d’un endroit où se poser pour déjeuner. Rien n’est ouvert, et c’est sur des petits tabourets en plastique sur un trottoir que nous allons trouver notre bonheur, ce qui nous rappelle des moments asiatiques sympas. Une petite carriole vend en effet des boissons chaudes à base de quinoa et des sandwichs fromage avocat, et pour trois fois rien le petit déjeuner est excellent.

Nous assistons aussi à une bonne baston générale, puisqu’apparemment les bagarres de sorties de boîte sont internationales. La police arrive en quelques secondes seulement, et armés de matraques et d’armes automatiques, les policiers règlent le souci.

Nous trouvons ensuite un café où nous pourrons squatter jusqu’à une heure raisonnable et c’est en taxi que nous rejoignons nos futures pénates.

Nous sommes accueillis par Willy (!) et sa femme et après les présentations, nous allons rattraper un peu du sommeil que nous avons eu du mal à trouver dans le bus.

Une fois requinqués, nous prenons une bonne douche et partons en vadrouille. C’est en collectivo que nous nous rendons au centre historique de Cusco et notre première mission, c’est de tracer la route jusqu’au point de vente officiel des billets d’entrée au Machu Picchu. En effet, il faut réserver car un quota est mis en place, et comme nous voulons également grimper la Montaña, nous devons nous y prendre à l’avance. Et c’est seulement cinq minutes avant la fermeture que nous réussissons à obtenir le précieux sésame.

Soulagés, nous déambulons dans Cusco à la recherche d’un endroit pour le déjeuner. Nous trouvons notre bonheur dans un bouiboui très couleur locale, où même si ce n’est pas de la grande cuisine, nous déjeunons correctement pour un prix dérisoire.

Nous devons ensuite aller à la pêche aux informations. En effet, nous prévoyons de partir le 26 décembre pour le trek du Salcantay et après réflexion, nous avons pris la décision de le faire par nous-mêmes, sans passer par une agence. Il nous faut donc comme pour le W louer un peu de matériel (matelas, bâtons, réchaud) et sans doute avons nous mal cherché mais nous ne trouvons que deux endroits où c’est possible.

Nous passons ensuite devant un réparateur d’appareil photo et nous lui faisons confiance pour nettoyer le nôtre qui a souffert de la poussière de Salta et de San Pedro de Atacama. Le temps de la réparation, nous faisons le tour de la Plaza de Armas animée par une feria artisanale.

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Nous récupérons ensuite l’appareil nettoyé et reprenons un collectivo pour retourner à la chambre.

Willy nous concocte un guacamole pour le diner et après avoir discuté un peu en espagnol avec lui (baragouiner est le mot juste…), nous terminons la soirée devant un film et nous endormons assez rapidement.

Acheter les billets pour le Machu Picchu : on peut les acheter sur le net (machupicchu.gob.pe) ou aller directement au guichet près de la Plaza de Armas (sur Maps.Me le comptoir est indiqué « achat billets Machu Picchu »). On peut également les acheter à Aguas Calientes, mais c’est prendre le risque d’être hors quota.

24 décembre 2017

Nous voilà donc au réveillon de Noël. Difficile à se mettre dans l’ambiance, puisque si en France le marketing et la promotion des fêtes de Noël battent leur plein dès le début du mois de novembre, en Amérique du Sud il n’en est rien. Nous entendons les premiers chants de Noël aujourd’hui même et à part quelques guirlandes et deux ou trois sapins décorés, nous n’avons vraiment pas l’impression que ce soir c’est le réveillon.

Ce matin, le petit déjeuner concocté par notre famille d’accueil est excellent, et après une bonne douche il nous faut aller faire les courses pour le trek. Un supermarché et un caddie plus tard, nous voici en possession de tout ce qu’il faut pour nous sustenter lors du difficile trek du Salcantay.

Après avoir pris la décision de ne pas trop manger à midi pour pouvoir se gaver ce soir, nous décapsulons une bière et coupons une pastèque pour notre déjeuner. Mais c’était sans compter Willy qui n’entend pas nous laisser mourir de faim et nous a préparé une belle assiette de pâtes. Je serai le seul à la manger puisqu’Emie ne mange toujours pas de viande, et c’est repus et alcoolisés que nous allons faire une sieste réparatrice.

En fin d’après midi, nous laissons nos hôtes préparer tranquillement leur réveillon et prenons un collectivo direction le centre de Cusco. Nous allons confirmer la location de notre matériel et la réservation du bus de retour depuis le Machu Picchu et flânons dans la gigantesque feria artisanale de Noël.

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C’est ensuite l’heure de chercher un restaurant qui nous accueillera pour le réveillon, et notre choix se porte sur le A Mì Manera, un restaurant chaleureux avec une carte attirante. Nous débutons bien entendu par un apéritif et c’est avec un Pisco Sour que nous trinquons à Noël. Le couple à côté de nous prend des informations sur le mets de fêtes par excellence au Pérou, le Cuy (Cochon d’Inde grillé) et espérons qu’ils ne mangeront pas cette horreur à côté de nous !

Le repas se poursuit avec une soupe de potiron excellente, l’occasion de préciser qu’il n’y aura finalement pas de Cuy dans le potage (!) puisque le couple voisin s’est rabattu sur un plat plus traditionnel.

Arrosés d’une bouteille de Malbec argentin, Emie mange des pâtes aux champignons pendant que je me régale de Lomo Saltado, de fins morceaux de boeufs accompagnés de tomates et pommes de terre andines. Le dîner est excellent, mais nous sommes légèrement pressés par la serveuse puisque notre table est réservée pour la suite. Bon, nous avions terminé mais ce n’est pas toujours agréable d’être « virés », surtout le soir de Noël. Nous n’en tenons quand même pas rigueur à l’établissement, le dîner était excellent et de toutes façons, la fatigue et l’alcool que nous n’avons plus l’habitude de boire nous donnent envie de rentrer.

Un collectivo plus tard, nous voici au lit et il ne nous faut vraiment pas longtemps pour achever ce réveillon de Noël 2017, que nous aurons passé pour la première fois de notre existence loin de nos familles.

25 décembre 2017

C’est avec un nouveau très bon petit déjeuner que nous nous réveillons. Les « Feliz Navidad » sont échangés avec la famille qui nous accueille et nous dégustons le chocolat chaud accompagné du traditionnel Paneton (brioche aux fruits confits), petit déjeuner de Noël par excellence dans la région.

La petite famille nous quitte ensuite pour aller à Limatombo, le village où est située leur plantation d’avocats. En effet, tous les ans à Noël ils font une distribution de chocolat chaud et de Paneton aux enfants du village, ce qui leur tient à cœur.

Pour nous la matinée est passée à vaquer à nos occupations, préparer la salade pour demain, faire nos sacs et aussi me couper les cheveux. J’hériterai d’une coupe réussie à la Brandon Walsh en me disant que peut être je pourrai relancer une mode disparue depuis 20 ans !

L’heure du déjeuner approche et sur les conseils de Willy, nous allons au marché Ttio à deux pas. Là, des stands préparent toute sorte de nourriture et nous optons pour une truite frite accompagnée de riz. Comme toujours dans ces bouibouis, ce n’est pas de la grande cuisine mais c’est bon et pas cher, ce qui nous convient parfaitement.

Une fois nos estomacs comblés, nous prenons un collectivo direction le centre et c’est au Mac Do de Cusco que nous allons prendre un dessert. Puis il nous faut aller à l’agence de location pour récupérer notre matériel. La météo prévoyant de la pluie pendant une semaine, nous optons pour la prudence et achetons également des ponchos.

Nous rentrons ensuite à la chambre pour une petite sieste, puis sortons dans la rue pour dîner. Les péruviens étant friands de pizzerias, c’est dans l’une d’elle que nous mangerons ce soir et la qualité est au rendez vous. Nous nous régalons puis il est temps de rentrer se coucher, demain le réveil va sonner très tôt et il faut que nous soyons en forme pour affronter le premier jour du trek du Salcantay.

Location de matériel : Quatre bâtons, deux matelas, un réchaud pour 70 PEN (5 jours)

Achat de matériel : cartouche de gaz (35 PEN) et deux ponchos (20 PEN /p)

Réservation bus de retour Hydroelectrica – Cusco : 35 PEN /p

 

TREK DU SALCANTAY

26 décembre 2017

Ce matin le réveil sonne tôt, très tôt. Une petite toilette rapide et nous voilà à 4h30 dans les rues de Cusco à la recherche d’un taxi. Comme toujours, il ne faut pas longtemps pour qu’un coursier arrive et nous emmène à Arcopata, d’où les minibus pour Mollepata, village départ du trek du Salcantay, partent très tôt. Nous arrivons pile au moment où justement l’un d’eux part, et nous devons donc attendre que le véhicule dans lequel nous nous sommes installés soit plein pour partir. Vers 5h15 c’est chose faite et deux heures plus tard nous débarquons à Mollepata.

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Après nous être acquittés d’une taxe municipale, nous débutons notre périple de 5 jours qui doit nous emmener au Machu Picchu. La météo nous promet un calvaire, et nous croisons les doigts pour que les prévisions soient fausses.

Les dix premiers kilomètres sont très difficiles. En effet, pas d’échauffement ou d’étape d’adaptation, nous attaquons directement par une ascension qui ne nous laisse aucun répit pendant trois heures, tantôt sous la couverture nuageuse, tantôt au dessus. Les très beaux paysages nous permettent de faire quelques pauses, mais n’enlèvent rien à la difficulté du jour.

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Après ces dix kilomètres interminables et la pause casse croûte, nous arrivons sur un chemin plus facile. Ce chemin restera plat jusqu’au bout, et nous longeons ainsi la vallée qui nous offre une superbe vue jusqu’à notre étape du jour, Soraypampa. Et à part une petite heure de pluie qui nous a permis d’essayer nos ponchos tout neufs, le temps a finalement été agréable et nous pouvons être soulagés.

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Là nous nous installons au camping et y posons la tente dans un abri de paille qui nous fait penser à une petite étable.

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La vue depuis la tente est franchement sympa, et le temps de boire un café qui passe plutôt bien après cette débauche d’énergie, le tonnerre et la pluie s’invitent. Nous allons donc à la tente en attendant que l’orage passe, puisqu’en effet la journée n’est pas terminée. Nous voulons aller voir la Laguna Humantay à deux kilomètres de là, et après avoir attendu une accalmie, nous remettons les chaussures et le poncho au cas où et commençons une ascension terrible de 2 km. Comme si nous n’en avions pas déjà assez fait ! 45 minutes d’efforts assez intenses sont récompensés par un endroit magique. Une lagune au pied d’un pic enneigé reflète parfaitement le paysage dans son eau vert pâle, le tout dans un silence parfait troublé seulement par le petit torrent tout proche.

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Nous profitons de cet endroit et avons la surprise d’avoir des visiteurs. Tout d’abord deux gros écureuils (en fait des viscaches, croisement bizarre entre un lapin et un écureuil), puis un couple de canards et leurs canetons venus à la queue leu leu se baigner dans la lagune.

Après avoir observé nos amis, il est temps de rentrer à la base puisque non seulement la lumière baisse, mais la couverture nuageuse commence très rapidement à emplir la montagne.

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C’est ainsi que nous arrivons à la tente dans l’obscurité, juste avant la nuit.

Enfin, après avoir dîné il est bien temps de clôturer cette grosse journée par une bonne nuit de sommeil.

Taxi pour Arcopata : 8 PEN

Bus Cusco – Mollepata : 15 PEN /p

Taxe municipale : 10 PEN /p

Mollepata (2900 m) – Soraypampa (3700 m) : 19 kms, 6h00

Camping Soraypampa : 15 PEN l’emplacement (négocié), camping dans un joli cadre et emplacements bénéficiant d’une très belle vue, salle commune, pas de douche.

27 décembre 2017

Aujourd’hui nous nous attendons à une étape longue et difficile. Et en effet elle sera très longue et très difficile…

Nous nous levons à l’aube et après le petit déjeuner et le rangement de la tente, nous empruntons le sentier qui va nous conduire jusqu’à Chaullay à environ 20 km de là. Mais avant cela, il faut d’abord surmonter la grosse difficulté du jour,  le col du Salcantay culminant à 4600 m.

Et c’est une nouvelle fois sans échauffement que la journée commence. Pendant 6 km, une ascension très difficile, sans répit mais avec une vue extraordinaire nous emmène au col en un peu plus de deux heures et demie.

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Le froid s’installe alors et en passant sur l’autre versant, c’est la pluie qui commence à tomber par petites gouttes. La descente, rythmée par les passages de bourricots transportant les affaires des groupes de trekkers guidés, n’est pas beaucoup plus facile, le sentier étant très rocailleux.

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Puis c’est la faim, mais aussi les trombes d’eau qui nous obligent à nous arrêter pour manger dans un petit abri. Le déjeuner nous réchauffe et nous attendons une accalmie pour repartir.

Ne sentant pas d’amélioration arriver, nous dégainons les ponchos et partons sur le sentier sous la pluie battante.

Depuis le passage du col, la descente jusqu’à Chaullay sans aucune partie de plat est interminable, et le sentier parfois rocailleux, parfois inondé, parfois boueux, quelque fois même les trois, ne rendra pas les 8 km restants très agréables. Nous devinons dans les nuages une gorge que nous longeons jusqu’au bout du sentier, et c’est plein les bottes et le moral dans les chaussettes mouillées que nous arrivons au camping de Chaullay.

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Et comme si nous avions besoin de ça, en montant la tente un arceau se fend (merci Quechua…) et après une réparation de fortune, nous croisons les doigts pour que notre abri tienne encore trois nuits.

Nous nous posons ensuite dans la tente pour ne plus en sortir puisque la fatigue étant plus forte que la faim, c’est très tôt et sans manger que nous nous endormons.

Soraypampa (3700 m) – Chaullay (2850 m) : 19 km (7 heures)

Camping Chaullay : 10 PEN, camping sympathique, cadre très agréable. Possibilité de se doucher pour 10 PEN.

28 décembre 2017

C’est pratiquement le tour du cadran que nous avons fait cette nuit, et c’est avec un temps clément et donc le sourire que nous nous levons. Nous prenons notre petit déjeuner et remballons nos affaires, puis il est temps de reprendre la route.

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L’étape d’aujourd’hui est aussi longue que les précédentes, mais le sentier ne présente pas de difficultés majeures. Pendant que les groupes guidés empruntent la piste carrossable, nous préférons longer le Rio Santa Teresa sur le petit sentier sur l’autre rive. Pendant une quinzaine de kilomètres, nous marchons donc au son de la rivière et après plus de 4h de marche, nous arrivons au village de Playa.

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Le sentier du jour n’a pas été d’une grande difficulté, mais les deux jours précédents pèsent et les jambes sont dures comme du bois et les pieds sont en compote. Il nous faut donc trouver un point de chute, et ce ne sera pas à Playa où les gens sont peu avenants et les rues et les habitations repoussantes.

Nous continuons un peu la route et nous sommes doublés par les groupes guidés qui eux vont à Santa Teresa en bus (…). C’est ici que nos chemins se séparent puisque nous emprunterons un autre chemin quittant la route et partant sur la droite au niveau de Lucma Bamba, un village bien plus accueillant. Ici, une femme nous conseille un camping un peu plus haut dans la montagne, et après vingt minutes d’ascension et la traversée d’une plantation de café, nous arrivons au Café Viamonte.

C’est un petit coin de paradis à flanc de montagne que nous atteignons et à part le cri des dizaines de perruches qui nous survolent, le calme règne. Nous installons la tente à l’abri et en profitons pour nous laver, ce qui fait un bien fou.

Nous allons ensuite voir notre hôtesse et lui demandons un café, spécialité de la maison. C’est un régal et cela faisait très longtemps que nous n’avions pas bu un café de cette qualité. Décidément, ce havre de paix est une belle découverte !

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Après un peu de repos, nous nous faisons à manger, visités par les poules et le chien du camping. Un colibri viendra même butiner à quelques mètres de nous.

Enfin, après cette nouvelle bonne journée, nous ne demandons pas notre reste pour nous endormir bercés par les hululements d’une chouette logeant dans un arbre proche.

Chaullay (2850 m) – Lucma Bamba (2500 m) : 19 km, 6 heures

Camping Viamonte : 5 PEN, café à 2 PEN, un havre de paix, incontournable !

29 décembre 2017

La pluie est tombée drue toute la nuit et c’est dans un épais brouillard que nous nous levons. Après le petit déjeuner et le rangement de la tente, nous débutons notre quatrième et dernière journée de trek par un sentier étroit dans la jungle péruvienne. Les deux premières heures (environ 5 km) sont passées à grimper et le brouillard ne veut pas se lever. Pire, c’est la pluie qui nous accompagne jusqu’au sommet. Là, un lodge avec une vue imprenable nous donne envie de nous arrêter pour nous reposer un peu et admirer la vue sur le mont Machu Picchu qui apparaît au gré des espaces laissés par les nuages.

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Il est temps ensuite de repartir pour une nouvelle descente. Le temps est meilleur mais le sentier est glissant et les trois derniers jours ont entamé notre capital orteils. Les pieds souffrent terriblement et nous pestons contre ces descentes interminables. Celle-ci durera plus de deux heures et après une pause déjeuner, nous arrivons enfin à Hydroelectrica.

Ici, il y a encore huit kilomètres à effectuer jusqu’à Agua Calientes, le village au pied du Machu Picchu. Nous sommes alors témoin d’un nouveau scandale. Deux choix s’offrent ici aux visiteurs : effectuer la distance à pied le long de la voie ferrée ou prendre le train. Nous nous renseignons pour le train et où les locaux paient 5 PEN, les étrangers doivent en payer 100 ! Pour 8 km et 20 mn de train !

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Forcément nous choisissons de refaire souffrir nos pieds et après deux heures d’une marche loin d’être la plus belle du trek, des trombes d’eau s’abattent sur nous. Nous nous arrêtons donc dans le premier camping que nous croisons, à seulement une demie heure de l’entrée Machu Picchu.

Après une douche tiède, nous dînons en compagnie de lucioles et comme il va falloir se lever très tôt demain, nous allons nous coucher très tôt.

Lucma Bamba (2500 m) – Agua Calientes (2040 m) : 19 km, 7 heures

Camping El Mandor : 10 PEN /p, trop cher par rapport aux précédents. Le terrain n’est pas tondu ni plat et aucun abri disponible pour la tente (nous nous sommes du coup installés sous l’abri commun), douche « chaude » et WiFi. Sanitaires vraiment dégueux.

30 décembre 2017

LE MACHU PICCHU

C’est à 3h30 que nous nous levons « ce matin » puisqu’une nouvelle grosse journée nous attend.

Nous prenons le petit déjeuner en compagnie de Sacapuces, un chien qui a dormi toute la nuit contre notre tente puis remballons nos affaires. Nous laissons ensuite nos sacs dans une pièce du camping fermant à clé puis entamons notre dernière marche. Emie s’est levée aujourd’hui sans appétit et ce n’est pas bon signe.

Nous faisons avec Sacapuces les deux kilomètres nous séparant du point de contrôle en bas de Machu Picchu, et c’est l’heure d’attaquer les fameuses marches menant à la cité Inca.

Une heure de difficulté entame nos forces déjà bien amenuisées par quatre jours de trek exigeant physiquement et mentalement. Arrivés là haut, nous rejoignons les touristes bien plus frais venus en bus depuis Aguas Calientes. Comme pour le train depuis Hydroelectrica, nous avons encore passé notre tour puisque pour à peine 4 km de route, le prix du ticket était d’environ 10 euros. Et oui pour visiter Machu Picchu, il vaut mieux avoir les jambes quand on n’a pas le budget !

Il faut ensuite affronter la file d’attente pour passer l’entrée au site et la longue attente à piétiner sera fatale à Emie. Nous sentions qu’elle couvait quelque chose ce matin et nous avions raison. Une extrême faiblesse et des nausées, ses symptômes n’augurent rien de bon pour la journée mais pour le moment le mental prend le relais.

Une fois entrés sur le site c’est à la Montaña que nous allons nous attaquer afin d’avoir LE point de vue sur Machu Picchu et ce qui nous attend est encore très difficile. Des marches d’escaliers à n’en plus finir, le tout avec une vue que nous devinons seulement dans les nuages. Au bout de 45 mn d’efforts, Emie n’en peut plus, ses forces l’ont définitivement abandonnée et je me demande de mon côté si continuer vaut la peine, la vue étant complètement bouchée. Emie a besoin de repos et le temps qu’elle récupère je décide de terminer la montée en mode sport. Vraiment juste pour dire « je l’ai fait ! »

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Arrivé en haut de la Montaña, pas de miracle. La vue est totalement bouchée et l’heure et demie d’efforts terribles auront été inutiles (mais un effort n’est jamais inutile non ?).

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Je redescends donc, croisant les courageux me demandant avec des yeux plein d’espoir « c’est encore loin ? » et je retrouve Emie en grande difficulté physique.

Nous nous laissons le temps d’une pause puis repartons pour une visite de la magnifique cité Inca. Nichées au cœur des montagnes embrumées, les ruines peuplées de lamas offrent une scène incroyable et magique. Nous déambulons donc dans Machu Picchu les yeux écarquillés pendant environ deux heures et ressortons.

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C’est le moment qu’ont choisi les intestins d’Emie pour lâcher alors que plus de 3 heures de marche nous attendent. La pauvre, avoir ces difficultés dans un site aussi magnifique…

Nous redescendons l’escalier du Machu Picchu à son rythme, mais le reste de ses forces la lâche petit à petit. Nous arrivons tant bien que mal au camping pour récupérer nos sacs et faisons une pause pour manger un morceau.

Il faut désormais retourner à Hydroelectrica par le chemin longeant la voie ferrée et terminer notre périple inca. En un peu moins de deux heures, nous arrivons donc à la gare ferroviaire où une autre mission presque aussi difficile que le trek que nous venons d’effectuer nous attend, trouver notre bus pour retourner à Cusco. Oui, car à l’heure de départ prévue sur le ticket, une trentaine de minibus sont aux aguets, et les chauffeurs, liste à la main, crient les noms de leurs passagers. Un véritable bordel cette fois pas du tout organisé qui va mettre nos nerfs à rude épreuve.

Les cris des noms occidentaux prononcés à la sud américaine entremêlés des touristes cherchant leur groupe ou leur bus devient une véritable fourmilière apocalyptique. Je pars en quête de notre chauffeur et la chance est avec moi puisque le premier à qui je récupère la liste possède notre nom ! Nous embarquons, mais finalement la chance est repartie aussi vite. En effet, il nous faut encore attendre que tous les noms couchés sur la liste soient dans le minibus et c’est pendant plus d’une heure que nous attendrons quelqu’un qui en fin de compte ne viendra pas.

Nous partons donc les derniers alors que 6 à 7 heures de route nous attendent.

Sur une route de montagne et ses lacets interminables, parfois en mauvais état, parfois dans le brouillard, la majeure partie du temps dans la nuit, l’expérience n’a rien d’agréable. Et autant pour moi ce fut extrêmement long et pénible, autant pour Emie ce fut un calvaire. La fièvre et les frissons se sont rajoutés aux gros soucis gastriques et à la faiblesse de son corps, et l’arrivée à Cusco en fin de soirée est une délivrance.

Bon, il y a encore un taxi et une demi heure à tenir avant d’arriver chez Daniela et sa famille qui vont nous héberger à nouveau, mais l’arrivée à notre destination finale est un soulagement.

La douche chaude fait un bien fou et à peine glissés dans les draps pour oublier les soucis de la journée, le sommeil profond n’a pas besoin de plus de quelques minutes pour arriver.

Entrée combinée à Machu Picchu et Montaña : 200 PEN /p

Bus Hydroelectrica – Cusco : 35 PEN /p, départ entre 14h30 et 15h00 (théoriquement !)

Bilan du Trek du Salcantay :

  • Les quatre jours de marche pour arriver à Machu Picchu sont très exigeants physiquement et mentalement. Il faut s’attendre à des étapes d’environ 8 heures, sans répit puisque les longues et difficiles ascensions ne s’achèvent que pour laisser la place à des descentes interminables meurtrissantes pour les pieds. Pour autant, les paysages traversés et le cadre des campings valent largement les efforts consentis et les ruines de la cité Inca sont la récompense suprême de ce trek.
  • Nous avons effectué ce trek en autonomie et c’est largement faisable. L’itinéraire n’est pas forcément le même qu’avec une agence puisqu’entre Chaullay et Aguas Calientes, la plupart des groupes guidés ont pris des transports pour écourter, alors qu’un très joli (mais difficile) sentier coupe la route sans grand intérêt.
  • Budget pour deux personnes : Bus Cusco – Mollepata (30 PEN), Taxe municipale à Mollepata (20 PEN), Location de matériel (130 PEN), Nourriture (188,50 PEN), Campings (50 PEN), Entrée Machu Picchu et Montaña (400 PEN), Bus Hydroélectrica – Cusco (70 PEN) soit un total d’environ 900 PEN pour deux personnes en autonomie tout compris.
  • Pour info, train Hydroelectrica – Aguas Calientes (31 $US /p aller simple), bus Aguas Calientes – Machu Picchu (12$ /p aller simple)

31 décembre 2017

« Trop vieux pour ces conneries… »

Ce dernier jour de l’année ne nous laisse aucun répit. En effet, si la fièvre, les frissons et les nausées ont quitté Emie, c’est seulement pour mieux m’investir.

Pour moi, la journée se passe donc au lit, tantôt frigorifié tantôt en nage, à imaginer comment Emie a bien pu réussir à passer la difficile journée d’hier dans cet état de santé. Pas sûr que j’aurai pu…

Elle est encore faible aujourd’hui, mais apparemment en rémission et c’est seule qu’elle va au centre de Cusco ramener le matériel à l’agence. Son retour avec une bonne assiette de fraises me requinque un peu et nous nous mettons à croire que la maladie part tranquillement.

Malheureusement, les problèmes intestinaux empirent pour Emie et débutent pour moi, ce qui laisse présager un réveillon du nouvel an sans excès. De toute façon, la forme physique et l’envie de faire la fête ne sont pas du tout au rendez-vous et comme pour Noël, nous irons seulement dans un petit restaurant pour un dîner simple et un retour au bercail très tôt pour essayer de récupérer un peu. Nous avions déjà depuis un moment l’impression qu’après autant de temps de voyage, nos corps commençaient à arriver au bout, mais le trek du Salcantay nous a peut-être tout simplement révélé que « nous sommes trop vieux pour ces conneries »…

Bref, si nous sommes toujours malades demain, il va quand même falloir s’attendre à deux jours très compliqués puisque d’ici le 3 janvier à 10h30, date et heure de notre atterrissage au Costa Rica, ce sont des heures et des heures de transports qui nous attendent…

Notre hébergement à Cusco : chez Daniela en Air BNB, 40 PEN la nuit avec petit déjeuner. Excentré mais les collectivos tournent à plein régime et sont très bon marché. Les parents de Daniela sont très accueillants et aiment discuter avec leurs hôtes. Les petits déjeuners sont copieux et excellents. N’hésitez pas une seconde à quitter le centre de Cusco pour vivre une expérience très sympa chez cette famille péruvienne.

Bus Cusco – Lima : 100 PEN /p


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