IRAN – La Vallée d’Alamut

ZARABAD ET LA VALLÉE D’ALAMUT

20-21 juin 2019

C’est donc en début d’après midi que nous embarquons dans un bus VIP pour Qazvin, dans le nord de l’Iran. Le bus est confortable, un moindre mal puisque ce ne sont pas moins de 15 heures de bus qui nous attendent. Nous arrivons plutôt bien à dormir et c’est avec surprise que nous nous voyons arriver en pleine nuit à Qasvin.

Le terminal est désert et nous nous allongeons sur les sièges en salle d’attente, prêts à terminer notre nuit. 

Quelqu’un nous surprend alors et plutôt que de nous virer, il nous propose d’aller dormir dans la salle de prière du terminal. Parfait, les tapis sont plutôt confortables et on y est au calme. Bon nous sommes séparés puisque comme dans toute salle de prière qui se respecte, les hommes et les femmes sont séparés par un rideau, mais nous pouvons tout de même finir notre nuit tranquillement, bercés parfois par la douce prière de quelques fidèles de passage.

Vers 7h00, nous nous levons et contactons notre point de chute à Zarabad, la Seven Guest House. Anita, la proprio nous propose de nous envoyer un chauffeur ce que nous acceptons volontiers. Haddi se présente alors 10 mn plus tard et c’est avec lui que nous allons combler les deux heures de route pour Zarabad. 

La petite route de montagne nous permet de profiter de paysages que nous n’avions encore pas vus jusqu’ici, comme des montagnes et des rivières, de petits villages accrochés à flanc de colline ou encore des rizières. Nous sentons d’emblée que nous allons nous plaire dans le coin. Passer un peu de temps dans la tranquillité et le calme avant de reprendre le travail devrait être très bénéfique.

Notre chauffeur Haddi déborde d’énergie, met de la musique iranienne et nous fait profiter de ses talents de danseur et de chanteur. Il nous donne également des infos sur ce qu’il y a à faire dans le coin, sans oublier bien sûr de proposer ses services puisqu’il faut bien bosser.

Enfin, nous découvrons notre hébergement et la première impression est très bonne. Anita et Milad, ainsi que leurs petites filles Melody et Monelly, nous accueillent dans leur petit havre de paix au milieu des poules et des cerisiers. Nous déjeunons dans la belle et spacieuse pièce à vivre, bercés par le bruit des oiseaux et des pics-verts, le tout avec une vue sur la montagne. Au menu, riz bien entendu, mais aussi une superbe truite venant de l’élevage tout proche. Nous sommes certains cette fois que le poisson est frais et nous nous régalons.

Nous passons ensuite notre après-midi à ne rien faire à part la sieste et bouquiner, et il y a de grandes chances que le programme de ces 4 ou 5 prochains jours soit le même.

En fin d’après midi, nous décidons de sortir rapidement faire le tour du village, où à part une jolie mosquée il n’y a rien à signaler, puis revenons pour le dîner.

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Sans avoir forcément faim, nous engloutissons tout de même notre assiette de riz à la tomate et aux pommes de terre, puis passons la soirée à travailler sur le blog et à bouquiner avant d’aller nous coucher dans le silence de la montagne.

22 juin 2019

Nous nous levons bien reposés et après le petit-déjeuner traditionnel, nous chaussons les baskets pour aller marcher un peu. Sur les conseils d’Anita et de Haddi le chauffeur, nous avons décidé d’aller voir le lac d’Evan, à 1h30 de marche de Zarabad.

Bon en Iran il n’y a pas (ou très peu) de sentiers de randonnées comme nous pouvons en avoir en France, et c’est donc sur la route, ou plutôt le chemin principal que nous marcherons.

Nous passons devant l’élevage de poissons, puis dans des villages déserts ou presque.

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Nous remarquons d’ailleurs que les villages du coin semblent commencer à se transformer et nous avons l’impression que deux époques se superposent. Parmi les vieilles et simples baraques aux murs recouverts de boue séchée se construisent de véritables villas, et le contraste est criant lorsque nous croisons des habitants dans des voitures, des motos, mais aussi sur des mules.

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Après une heure et demi de marche, nous arrivons au lac d’Evan. Il s’agit plus d’un étang qu’un lac, et nous nous apercevons qu’il s’agit d’un lieu de détente pour les locaux. Aires de pique-nique et pédalos, tout y est pour que les familles viennent s’y détendre le week-end.

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Encore une fois, le contraste entre modernité et ruralité se manifeste puisqu’au milieu de ces installations, nous devons laisser passer un troupeau de chèvres et de moutons guidé par des bergers.

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Nous faisons le tour du « lac » puis rebroussons chemin jusqu’à la guest house pour y déjeuner. Au menu cette fois, du riz (!) mais aussi un mirza ghasemi, une purée d’aubergine, de tomate et d’ail vraiment excellente. Repus, nous nous installons pour notre programme de l’après midi, ne rien faire et profiter du calme. Mais aujourd’hui le voisin en a décidé autrement. Il s’est mis en tête de tondre son terrain et c’est avec le bruit de fond de sa tondeuse que nous passerons l’après midi. Dommage, mais même si c’est un peu gênant, cela ne gâche quand même pas notre plaisir à glander.

Le dîner arrive et cette fois nous nous régalons avec un bol de haricots à la tomate, au maïs et aux poivrons. La cuisine d’Anita est vraiment excellente et les plats sont variés.

La soirée se passe enfin au calme absolu, à part le chant des moineaux et les martèlements des pic-verts qui ont élu domicile dans l’arbre d’en face.

23 juin 2019

Notre petit-déjeuner iranien englouti, c’est avec Haddi que nous avons rendez-vous aujourd’hui.

Notre énergique chauffeur-danseur nous emmène d’abord sur les routes de montagne en direction du château d’Alamut. Ces ruines témoignent d’un passé lointain où une secte de mercenaires et d’assassins régnait sur la vallée. Cette secte a d’ailleurs inspiré le célèbre jeu vidéo Assassin’s Creed.

Nous arrivons au pied de la montagne que le château surplombe et nous quittons Haddi. Une petite heure de marche et de marches nous attend, et par cette chaleur tout devient difficile. Difficulté qui ne s’atténue pas avec l’altitude puisque nous sommes ici à plus de 2000m.

Nos efforts sont récompensés, non pas par le château en lui-même qui n’est que ruines en rénovation et n’a que très peu d’intérêt, mais plus par la vue que nous offre l’endroit. Nous surplombons une partie de la vallée, le tout avec des sommets enneigés au loin et cela suffit à notre bonheur.

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Il est ensuite temps de redescendre et de retrouver Haddi, qui comme tous les chauffeurs habitués des lieux trouvent toujours des gens avec qui tailler le bout de gras.

La seconde étape de notre matinée est un canyon. Nous nous baladons ici accompagné de notre chauffeur iranien dans un lieu certes pas exceptionnel, mais agréable quand même.

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Après le selfie habituel qui servira de carte de visite au Snoop Dogg d’Alamut pour les prochains touristes, nous reprenons la route de la 7 guest-house.

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En chemin, un poids lourd s’est mis en travers de la route et notre pilote a du passer dans un trou de souris pour éviter l’attente interminable d’un éventuel dépannage du camion. Cela rapportera malheureusement une belle rayure à Haddi, mais un coup de Polish et il n’y paraîtra plus !

Le déjeuner est encore excellent et encore très copieux. Nous terminons quand même notre assiette, et une petite douche plus tard, c’est un après midi sieste et livres au calme qui nous attend.

Et même si le dîner n’est cette fois pas à notre goût, c’est plutôt à nous qu’il faut en vouloir puisque Milad nous sert une spécialité que nous connaissons et que nous n’aimons pas, le Kashke O Bademjan (aubergine et crème fermentée). Nos hôtes sont gênés mais nous les rassurons. C’était à nous de demander ce qu’Anita prévoyait de cuisiner pour pouvoir la prévenir.

La soirée se termine au son des grillons, avant une bonne nuit de sommeil dans le calme de la montagne.

24 juin 2019

C’est notre dernier jour dans ce petit village de Zarabad. Après un bon petit-déjeuner, nous partons sur les conseils d’Anita pour une petite marche dans la montagne.

Le chemin est très agréable et après nous être enfoncés dans des petites parcelles cultivées, nous décidons de longer la rivière.

Nous sommes récompensés puisque pendant une bonne heure, nous marchons dans une belle vallée au son de la rivière qui descend de la montagne ne rencontrant quasiment personne à part un serpent traversant juste devant nous.

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Après une petite halte dans cette vallée à l’ombre d’un arbre, nous décidons de rebrousser chemin et de rentrer à la Seven Guest House.

Le déjeuner est excellent (riz, choux, oignons, safran) et après une sieste, nous attaquons le programme de l’après midi, essentiellement composé de lecture et de repos. Nous décidons alors de ne pas suivre les conseils de notre chauffeur. Il nous proposait en effet de nous emmener à Rasht par la route de la mer Caspienne, mais le prix demandé est un peu trop élevé pour nous. Nous irons donc en bus depuis Qazvin.

La soirée commence par le dîner fait de lentilles et de pommes de terre, puis l’heure d’aller se coucher arrive.

Demain, nous repartons avec Haddi pour Qazvin, et prendrons le bus pour aller à Masuleh, un autre petit village de montagne, mais sans doute plus touristique.

Notre guest house à Zarabad : la Seven Guest House : 25 euros la nuit, plats entre 2 et 3 euros. Tenue par Anita et Milad, un véritable havre de paix au milieu de la vallée d’Alamut. Un excellent camp de base pour explorer la vallée, tout y est propre, bien tenu, agréable. La cuisine d’Anita est vraiment excellente et Milad est toujours aux petits soins. Arrêt impératif si vous êtes dans le coin. 

Taxi Qazvin – Zarabad : demandez Haddi à Anita, 1 200 000 IRR

Entrée Château d’Alamut : 150 000 IRR /p

Excursion avec Haddi dans la vallée : 1 500 000 IRR

Bus Qazvin – Rasht : 230 000 IRR/p

 

MASULEH – QUAZVIN

25 juin 2019

C’est une journée transport qui nous attend. D’abord Haddi nous ramène à Qazvin, mais c’est un Haddi un peu moins fringuant aujourd’hui. Il doit être un peu déçu que nous n’allions pas à Rasht par la mer Caspienne, mais c’est quand même avec le sourire et quelques pas de danse que nous arrivons à Qazvin.

Malheureusement, le prochain bus pour Rasht n’est que dans 3 heures, et c’est dans le terminal que nous devons poireauter.

Le trajet pour Rasht nous paraît ensuite interminable, alors que seulement 3 heures nous en sépare. La faute certainement au bus pas très confortable, bondé, et le tout dans la fournaise.

Nous arrivons donc à Rasht en fin d’après midi, et vu l’heure et le prix carrément abordable, plutôt que de prendre les taxis collectifs nous décidons de prendre un taxi classique jusqu’à Masuleh.

Au bout de deux heures de route, nous arrivons à ce petit village construit à flanc de montagne. Une montagne cette fois où la végétation est un peu plus dense et verte qu’à Alamut.

Il ne nous faut pas plus de 30 secondes pour être alpagués par un rabatteur et nous le suivons pour voir la chambre qu’il nous propose. En fait, c’est un petit appartement qu’il nous présente et après négociation, nous arrivons à peu près au prix que nous nous étions fixé. La journée a été longue et nous n’avions pas très envie de chercher trop longtemps.

Nous posons les sacs et même si nous sommes fatigués, nous décidons de sortir voir ce village typique de plus près.

Nous montons dans la ruelle principale et nous sentons tout de suite que ce n’est pas forcément ce que nous recherchons. Les boutiques de souvenirs et restaurants pullulent, au moins autant que les touristes iraniens qui ont envahi les lieux. Photos en faux costume traditionnel, selfies avec la montagne sur les toits terrasse, tout y est pour que Masuleh soit cette attraction touristique que nous n’aimons pas beaucoup. Nous étions plus ou moins avertis, mais le charme de ce village est un peu gâché par l’utilisation des maisons typiques qui y est faite. Dommage.

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Nous mangeons quand même dans un de ces restaurants, et comparé à la cuisine d’Anita à Zarabad, nous ne pouvons qu’être déçus.

Nous retournons ensuite à l’appartement pour une bonne douche et une bonne nuit de sommeil après cette longue journée de transports.

26 juin 2019

Ce matin, c’est avec une omelette à la tomate et un thé pas très bons que nous petit-déjeunons.

Nous partons ensuite à l’assaut de la montagne en face de Masuleh, pour nous dégourdir les jambes et essayer d’avoir une vue sympa du village.

Le problème, c’est que la forêt nous entoure sur des kilomètres carrés, mais le sentier lui est en plein soleil ! Nous gravissons donc malgré la chaleur ce sentier et après une heure et demi de marche, nous nous posons au pied d’un arbre pour profiter de l’ombre et du cadre paisible et très agréable du coin. 

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Une fois reposés et rafraîchis, nous redescendons à Masuleh pour y déjeuner. Brochette de poulet pour moi et Mirza Ghasemi pour Emie, le tout arrosé d’une bière islamique au citron (en fait un genre de Ginger Ale) et nous sommes gavés pour un prix dérisoire.

Nous rentrons ensuite à l’appartement pour une bonne douche et une session coiffure. Avant la rentrée, je me fais couper les cheveux et c’est au couteau suisse que ça se passe. Emie travaille bien et le résultat est satisfaisant.

Une petite sieste plus tard, nous ressortons à Masuleh où même si les touristes iraniens sont bien présents, ils ne sont pas pour autant trop envahissants. Ces touristes auraient été vietnamiens je n’aurai pas donné cher du village !

Bref, nous mangeons une petite glace en regardant le soleil se coucher puis achetons quelques pâtisseries pour le petit déjeuner et retournons à l’appartement pour y terminer la soirée.

Demain, nous repartons à Qazvin pour y passer notre dernière journée avant le retour en France.

27 juin 2019

Le chemin en sens inverse nous paraît bien moins long qu’à l’aller. Taxi vers Rasht puis bus VIP pour Qazvin, c’est en début d’après midi que nous débarquons dans ce qui sera pour nous notre dernière étape.

Nous récupérons une chambre hyper simple et basique pour une bouchée de pain, et après une petite sieste nous sortons chercher à manger et voir ce qui se passe à Qazvin.

Un sandwich falafel et une glace composent notre repas, puis nous allons faire un tour dans le bazar de Qazvin, un superbe caravane-sérail rénové. Nous y buvons un petit thé avec les anciens et les marchands de tapis du coin, puis déambulons dans les allées des artisans. Un marchand de gâteaux secs nous y parle de ce qu’il aime de la France et surtout de cinéma. Ses réalisateurs préférés sont Luc Besson et Jean-Pierre Jeunet, mais plus surprenant il adore Godard et Truffaut. Plus surprenant encore, son film préféré est la Vie d’Adèle, le genre de production qui ne colle pas ici.

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Nous le quittons et arrivons sur une petite esplanade où un petit concert est organisé. La musique est plutôt bonne, mais l’ambiance n’est pas au rendez-vous. La faute sans doute à la loi qui interdit de danser…

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En rentrant à la chambre, nous nous offrons un petit milkshake banane puis il est temps de clore cette journée et ce voyage en Iran, qui nous aura permis d’apprendre beaucoup de choses sur ce pays et cette culture si différente de la nôtre.

Taxi Rasht – Masuleh : 1 000 000 IRR

Nuit à Masuleh : 2 500 000 IRR dans un petit appartement

Taxi Masuleh – Rasht : 800 000 IRR

Bus Rasht – Qazvin : 350 000 IRR /p

Nuit à Qazvin : 800 000 IRR

Bus Qazvin – Téhéran : 120 000 IRR/p

 

 


3 réflexions sur “IRAN – La Vallée d’Alamut

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